Maladies courantes chez le chien : guide complet
Parvovirose, toux du chenil, otites, leishmaniose : reconnaître, prévenir, agir.
Parvovirose
La parvovirose est une maladie virale extrêmement contagieuse qui touche principalement les chiots non vaccinés entre 6 semaines et 6 mois. Le virus (CPV-2) attaque les cellules à division rapide : intestin grêle, moelle osseuse, parfois le cœur chez les très jeunes chiots.
Les symptômes apparaissent 3 à 7 jours après la contamination : vomissements violents, diarrhée hémorragique (odeur caractéristique très forte), abattement complet, fièvre puis hypothermie. Sans traitement, le taux de mortalité dépasse 90 %. Avec une prise en charge hospitalière (perfusions, antiémétiques, antibiotiques pour les surinfections), la survie atteint 85 à 95 %.
Le virus survit jusqu'à un an dans l'environnement. Seul l'eau de Javel diluée (1:30) le détruit efficacement. La vaccination est le seul moyen de prévention fiable : primo-vaccination à 6-8 semaines, rappels à 12 et 16 semaines, puis tous les 1 à 3 ans.
Toux du chenil (trachéobronchite infectieuse)
La toux du chenil est une infection respiratoire multifactorielle : Bordetella bronchiseptica (bactérie), parainfluenza canin, adénovirus de type 2 et parfois coronavirus respiratoire. Elle se transmet par aérosols dans les lieux de forte densité canine : chenils, pensions, expositions, parcs à chiens.
Le symptôme principal est une toux sèche, rauque, facilement déclenchée par la pression sur la trachée ou l'excitation. Le chien tousse comme s'il avait quelque chose coincé dans la gorge. Dans les cas simples, la guérison est spontanée en 7 à 14 jours. Les formes compliquées (pneumonie) nécessitent des antibiotiques et une hospitalisation.
La vaccination intranasale protège contre Bordetella et le parainfluenza. Elle est recommandée 2 semaines avant tout séjour en collectivité (pension, élevage, cours d'éducation en groupe). Certaines pensions l'exigent.
Leishmaniose
Maladie parasitaire transmise par la piqûre du phlébotome (petit moucheron), la leishmaniose est endémique dans le sud de la France (arc méditerranéen), l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Grèce. Le parasite Leishmania infantum colonise les macrophages et provoque une atteinte multisystémique.
Les signes cliniques sont variés et d'apparition progressive : perte de poids malgré un appétit conservé, lésions cutanées (squames, ulcères sur le chanfrein et les oreilles), pousse anormale des griffes (onychogryphose), saignements de nez, atteinte rénale. L'incubation peut durer de 3 mois à plusieurs années.
Le diagnostic repose sur la sérologie (recherche d'anticorps) et la PCR. Le traitement (allopurinol ± antimoniate de méglumine) est à vie et ne permet pas d'éliminer le parasite, seulement de contrôler la maladie. La prévention combine collier ou spot-on à base de deltaméthrine ou perméthrine et vaccination (vaccin Letifend, efficace à 72 %). Aucun produit ne garantit une protection à 100 %.
Otites
L'otite externe est l'un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine vétérinaire canine. Les races à oreilles tombantes (Cocker, Basset Hound, Cavalier King Charles) et à conduit auditif étroit (Shar-Peï, Bouledogue Français) sont les plus touchées.
Les causes sont multiples : bactéries (Staphylococcus, Pseudomonas), levures (Malassezia), allergies, corps étrangers (épillets en été), excès de cérumen. Les signes sont évidents : le chien secoue la tête, se gratte l'oreille, le conduit est rouge, malodorant, avec un écoulement brun ou jaunâtre.
Le traitement dépend de la cause : nettoyant auriculaire adapté, gouttes antibiotiques et/ou antifongiques, anti-inflammatoires. Les otites récidivantes nécessitent une investigation allergologique. Un épillet non retiré peut perforer le tympan en quelques jours — c'est une urgence.
Piroplasmose (babésiose)
La piroplasmose est causée par un parasite (Babesia canis) transmis par la morsure de tique, principalement Dermacentor reticulatus. Le parasite détruit les globules rouges, provoquant une anémie hémolytique potentiellement mortelle.
Les symptômes apparaissent 2 à 5 jours après la morsure : abattement brutal, fièvre élevée (40-41°C), urines foncées (couleur thé ou coca-cola), muqueuses pâles ou jaunâtres. L'évolution sans traitement est fatale en quelques jours.
Le diagnostic est rapide (frottis sanguin) et le traitement par injection d'imidocarbe est efficace s'il est administré tôt. La prévention repose sur les antiparasitaires externes (pipettes, comprimés, colliers) actifs contre les tiques. Le vaccin (Pirodog) existe mais ne protège que contre les formes graves. Inspectez votre chien après chaque sortie en milieu naturel d'avril à novembre.
Dilatation-torsion de l'estomac (SDTE)
Le syndrome de dilatation-torsion de l'estomac est une urgence vitale absolue. L'estomac se dilate (gaz, liquide) puis tourne sur son axe, piégeant le contenu et comprimant les vaisseaux sanguins. Sans intervention chirurgicale dans les 1 à 2 heures, le chien meurt.
Les races à risque sont les grandes races à thorax profond : Dogue Allemand (risque à vie de 42 %), Berger Allemand, Boxer, Saint-Bernard, Setter Irlandais, Braque de Weimar. Les facteurs déclenchants identifiés : un seul repas volumineux par jour, exercice intense après le repas, stress, ingestion d'air (gamelle surélevée — contrairement à la croyance populaire, les gamelles surélevées augmentent le risque).
Les signes : agitation, tentatives de vomissement improductives, abdomen distendu et tendu comme un tambour, salivation excessive. Appeler le vétérinaire d'urgence immédiatement. La gastropexie préventive (fixation chirurgicale de l'estomac) est recommandée chez les races à haut risque, idéalement lors de la stérilisation.
Prévention générale
La majorité des maladies canines courantes sont évitables ou détectables tôt. Trois habitudes suffisent à couvrir l'essentiel :
- Vaccination à jour : CHPPiL (maladie de Carré, hépatite, parvovirose, parainfluenza, leptospirose) + rage si voyages. Rappels tous les 1 à 3 ans selon le protocole du vétérinaire.
- Antiparasitaires réguliers : traitement externe (puces/tiques) tous les 1 à 3 mois selon le produit, vermifugation 2 à 4 fois par an.
- Visite vétérinaire annuelle : bilan clinique complet, pesée, auscultation, vérification des dents et des yeux. Bilan sanguin recommandé après 7 ans.
L'observation quotidienne reste votre meilleur outil : un changement d'appétit, de comportement ou d'énergie qui dure plus de 48 heures mérite une consultation.