Contrat de réservation d'un chaton : clauses, garanties, droits
Acompte, vices rédhibitoires, garanties HCM/PKD, clause de stérilisation, recours : ce que doit contenir un contrat sérieux d'éleveur.
Cadre juridique du contrat
La cession d'un chaton est un contrat de vente régi par le Code civil (articles 1582 et suivants), complété par le Code rural (articles L213-1 à L213-9) et le Code de la consommation lorsque le cédant est professionnel.
La loi du 30 novembre 2021 ajoute deux obligations préalables :
- Certificat d'engagement et de connaissance signé par l'adoptant 7 jours minimum avant la remise
- Certificat vétérinaire de cession remis par le cédant à la livraison
Le contrat de réservation intervient entre la signature du certificat d'engagement et la remise effective du chaton. Il sécurise la transaction et formalise les engagements.
Mentions obligatoires
Mentions à exiger dans tout contrat sérieux :
- Identité complète du cédant (nom, prénom, adresse, SIRET, n° éleveur LOOF si race)
- Identité complète de l'adoptant
- Identification du chaton : nom, race, sexe, couleur, date de naissance, n° de puce électronique ou tatouage, n° de pedigree LOOF si race
- Identité des parents (nom, n° pedigree LOOF, tests génétiques effectués)
- Prix total, montant de l'acompte ou des arrhes, mode de paiement, échéancier
- Date prévisionnelle de remise du chaton (généralement 12 semaines)
- Liste des documents fournis à la cession (carnet de santé, certificat vétérinaire, pedigree, attestations de tests génétiques)
- Garanties légales (article L213-1 du Code rural)
- Garanties conventionnelles additionnelles (HCM, PKD selon la race)
- Clauses spécifiques (stérilisation, non-cession, reprise)
- Date et signature des deux parties
Acompte ou arrhes
La distinction est juridique et a des conséquences concrètes :
- Acompte : paiement partiel anticipé qui engage définitivement les deux parties. Si l'adoptant renonce, il doit en principe le solde. Si l'éleveur renonce, il doit l'acompte en réparation.
- Arrhes (article 1590 du Code civil) : permettent à l'acheteur de renoncer en abandonnant la somme. Si l'éleveur renonce, il rembourse le double des arrhes.
Le contrat doit explicitement mentionner la qualification (acompte ou arrhes) et le pourcentage du prix. Pratique courante : 20 à 30 % du prix versé à la réservation, solde à la remise du chaton.
Un acompte non remboursable systématiquement, sans justification ni cas force majeure, peut être qualifié de clause abusive (Code de la consommation L212-1).
Garanties légales et conventionnelles
Le Code rural articles L213-1 à L213-9 et le décret n°90-572 fixent les garanties légales (vices rédhibitoires) chez le chat :
- Leucopénie infectieuse féline (typhus) : délai de suspicion 5 jours
- Péritonite infectieuse féline (PIF) : délai 21 jours
- Infection à FeLV (leucose) : délai 15 jours
- Infection à FIV : délai 15 jours
Les délais courent à compter de la livraison. Un certificat de suspicion vétérinaire dans ce délai déclenche le recours : annulation de la vente, échange ou indemnisation. Les diagnostics de confirmation peuvent intervenir après.
Garanties conventionnelles : un éleveur sérieux ajoute des garanties propres aux pathologies génétiques de la race :
- HCM (Maine Coon, Ragdoll, Sphynx) : garantie de 12 à 24 mois
- PKD (Persan, British Shorthair) : garantie de 6 à 18 mois
- Engagement de remboursement total ou partiel, ou échange
Clauses spécifiques recommandées
- Clause de stérilisation : pour un chaton « non destiné à la reproduction », l'éleveur peut exiger la stérilisation avant 12 mois, sur présentation d'un certificat vétérinaire. Pratique fréquente pour préserver les lignées.
- Clause de non-cession : l'adoptant s'engage à ne pas céder le chat à un tiers sans accord préalable de l'éleveur, particulièrement à des fins de reproduction.
- Clause de reprise : l'éleveur s'engage à reprendre le chat si l'adoptant ne peut plus le garder, à n'importe quel âge. Marqueur d'un éleveur engagé.
- Clause d'information : l'adoptant s'engage à informer l'éleveur des évolutions de santé importantes (utile pour le suivi des lignées).
- Clause de juridiction : tribunal compétent en cas de litige (généralement le domicile de l'adoptant pour les litiges B2C).
Recours en cas de litige
Étapes graduelles :
- Tentative amiable : courrier à l'éleveur exposant le problème, certificat vétérinaire à l'appui, délai de réponse demandé.
- Mise en demeure : recommandé avec accusé de réception, citation des articles du Code rural et du contrat, délai de 8 à 15 jours.
- Médiation : association de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV), ou médiateur de la consommation déclaré.
- Action judiciaire : tribunal judiciaire pour les litiges supérieurs à 5000 euros, juge de proximité en deçà. Action en garantie des vices rédhibitoires : prescription d'un mois après la fin du délai de suspicion.
Pour les races LOOF, le LOOF peut être saisi pour médiation entre éleveur LOOF et adoptant. Une action ordinale sur le préfixe d'élevage est possible en cas de manquement grave.